Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Éthiopie : MSF soigne des enfants sévèrement malnutris


Nouvelles | 08 juillet 2008

Le 20 mai, MSF a établi un centre de stabilisation dans la région de Shashemene, au sud de l’Éthiopie afin de fournir, 24 heures sur 24, des soins de santé aux enfants souffrant de malnutrition sévère avec complications. En quelques jours, plus de 200 enfants y ont été admis. Certaines personnes qui accompagnent ces enfants nous ont fait part des difficultés rencontrées ces derniers mois. Nous vous proposons ici leurs témoignages.   

Fatuma

Fatuma

Je suis ici pour ma petite-fille Safiya. Sa mère attend un autre bébé et elle n’a donc pas pu l’accompagner. Safiya a deux ans. Nous sommes arrivées ici mercredi. Cela faisait trois semaines qu’elle avait de la fièvre et de la diarrhée. Nous n’avions pas d’argent pour aller à l’hôpital. Ces six derniers mois, on a pratiquement plus rien eu à manger, ni riz, ni patates. Pas de pluie non plus. Je travaille parfois pour d’autres personnes. Un de mes fils a un bon travail et il me donne parfois de l’argent. Mais cette année, il n’y a vraiment pas assez à manger. Ma petite-fille va beaucoup mieux maintenant. Elle a retrouvé l’appétit et n’a plus de diarrhée. Je suis vraiment très très heureuse. J’espère qu’elle pourra aller à l’école et apprendre des choses. J’espère qu’elle sera une bonne personne.

Amina

Amina

Depuis une semaine, mes jumeaux — des garçons — avaient de la fièvre, ils vomissaient et avaient la diarrhée. Nous sommes allés à l’hôpital où ils nous ont vaccinés contre la polio. Alors, nous sommes venus ici. Nous n’avons pas de terres à cultiver. Mon mari surveillait les stocks dans les fermes, il était employé comme travailleur journalier. Mais cette année, il n’y a pas de nourriture, et il n’a donc plus de travail. Nous avons douze enfants. L’aîné a quatorze ans. Ils sont à la maison pour l’instant, c’est mon beau-frère qui les garde. Ils ne mangent que s’ils trouvent de quoi manger, sinon, ils vont se coucher le ventre vide. Cela fait six ou sept ans que les récoltes sont insuffisantes, mais cette année, c’est vraiment catastrophique.

Geneme

Geneme

J’ai trois enfants, et deux sont malades. À Shalla, on nous a dit qu’il y avait des médicaments pour les enfants malades à Shashemene et je suis donc venue ici avec eux. Nos problèmes sont dus au fait qu’il ne pleut pas. Avant d’arriver ici, nous n’avons mangé que du maïs. Avant, je vendais des produits sur le marché pour acheter de quoi manger, mais tout est devenu très cher cette année. La vie est devenue plus difficile cette année. Nous sommes au centre depuis quinze jours. Un de mes enfants va mieux, mais l’autre n’est toujours pas rétabli. Je m’en veux que mes enfants soient malades. Ils vont mal, car je n’ai rien à leur donner à manger. Je serai heureuse de rentrer à la maison, mais je suis inquiète, car nous n’avons rien à manger chez nous. Nous n’avons que ce qu’on nous donne à manger.  

Kadir

Kadir

Ma fille Alemitu est malade, car nous n’avons plus de lait. Les vaches sont maigres, parce qu’il n’a pas plu, elles n’ont plus d’herbe pour paître. J’ai deux femmes et neuf enfants. La mère d’Alemitu s’occupe du bébé, c’est pour ça que c’est moi qui l’accompagne. C’est la première fois qu’un de mes enfants souffre de malnutrition. Elle va mieux, mais elle n’aime pas le lait qu’on lui donne ici.  

Nous avons quelques terres, mais pas beaucoup, on vit donc au jour le jour. Le sol est terriblement sec, les problèmes de pluie sont fréquents, mais cette année est la pire. Nos vies dépendent de la pluie; s’il y a assez de pluie, on a à manger, sinon, c’est la famine.  

Mohamed

MohamedMes deux fils sont malades. Le plus âgé est malade depuis un mois, mais cela faisait déjà deux mois que nous n’avions pas assez à manger. Normalement, je cultive la terre et j’ai de quoi nourrir ma famille avec les patates, le maïs et les fausses bananes (feuilles à mâcher qui n’ont aucune valeur nutritionnelle). Cette année, on a dû manger beaucoup de ces fausses bananes. Ici, la plupart des gens n’ont ni argent ni de quoi manger. Je n’avais pas assez d’argent pour emmener mes enfants à l’hôpital. J’ai dû en emprunter pour venir ici. La pluie finira bien par tomber et les cultures vont pousser. Mais on ne sait pas quand. Dieu seul le sait.


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