Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Les procédures de transfert exacerbent les traumatismes chez les déplacées en Afrique du Sud

MSF est alarmée par le manque de protection fournie aux ressortissants étrangers touchés par les récents assauts de violence.


Nouvelles | 02 juin 2008

Aujourd'hui, Médecins Sans Frontières (MSF), une organisation médicale humanitaire internationale, a dénoncé l'état d'urgence qui résulte des procédures de transfert qui sont imposées aux personnes déplacées à la suite des violents assauts récemment observés à Johannesburg. Après jusqu'à trois semaines à vivre dans des conditions inacceptables, les personnes déplacées sont maintenant redirigées par le gouvernement sud-africain, sans informations suffisantes à propos de leurs droits et de leurs choix, vers des sites qui ne sont ni préparés ni sécuritaires.

 

« Nos patients ont déjà été traumatisés par la violence subie et par des conditions de déplacement aberrantes, » affirme Bianca Tolboom, infirmière MSF. « Ils disent qu'ils sont traités comme du bétail, ils ne reçoivent aucune information à propos du lieu vers où ils sont transportés, du temps qu'ils y resteront et des étapes qui suivront. Ils sont incapables de prendre une décision éclairée. Une telle incertitude ne fait qu'ajouter au traumatisme dont ils sont déjà victimes. »

 

La préparation des sites prévus pour le transfert des déplacés a débuté samedi, soit trois semaines après l’éclatement des premières violences à Johannesburg. Malgré les inquiétudes dénoncées par les groupes humanitaires au sujet de la condition des sites et de l'échéancier, les procédures de transfert ont été lancées dimanche. Les personnes déplacées se sentent coincées, car elles doivent choisir entre un transfert vers un site inadéquat ou un retour vers leur pays d'origine, où elles sont victimes d'instabilité politique. Les sites sont, en outre, à l’heure actuelle inadéquats pour accueillir les personnes déplacées : les abris y sont rudimentaires, l'accès à l'eau et son assainissement sont insuffisants et la protection des sites est loin d'être garantie.

 

« Un de ces sites est situé dans une vieille mine désaffectée. Ce lieu sera particulièrement néfaste pour la santé des personnes, surtout pour ceux qui souffrent d’infections respiratoires, la maladie la plus fréquente chez nos patients. Il n’y a pas assez de latrines, les tentes sont trop près les unes des autres et des pentes abruptes représentent un danger pour les enfants, » affirme Rachel Cohen, chef de mission MSF en Afrique du Sud. « Nous avons vu des familles séparées et nous avons entendu parler de l'intimidation dont font preuve les sous-traitants chargés d'assurer la « sécurité » des déplacés. Les gens nous disent qu’ils se sentent pris au piège, qu’ils n’ont nulle part où aller ni personne pour les protéger. »

 

MSF s’inquiète de la situation de nombreux Zimbabwéens, sans statut légal, victimes de ces récentes violences, qui se cachaient en Afrique du Sud au cours des dernières semaines. En travaillant avec les Zimbabwéens à Johannesburg et à Musina, à la frontière du Zimbabwe, depuis 2007, les équipes de MSF admettent qu'un grand nombre de Zimbabwéens ne demandent pas d'aide, de peur d’être renvoyés de force chez eux. L’absence de statut légal augmente leur vulnérabilité et limite sérieusement leur accès aux soins.

 

Dès les premières violences observées à Johannesburg, MSF a fourni une aide d'urgence aux populations déplacées. Dans les semaines qui ont suivi, les cliniques ambulatoires de MSF ont visité 15 sites sur une base régulière et ont soigné plus de 2500 patients, distribué des serviettes, des trousses d'hygiène et des bâches en plastique dans les régions où les besoins sont les plus criants.

 

MSF est présent en Afrique du Sud depuis 1999 et a pris en charge les soins, ainsi que le traitement du sida et de la tuberculose à Khayelitsha, au Cap et à Lusikisiki, dans la province de Cap-oriental. Depuis décembre 2007, MSF a également travaillé dans le centre de Johannesburg et à Musina, dans la province de Limpopo, afin de fournir un accès aux soins médicaux aux Zimbabwéens qui cherchent refuge en Afrique du Sud. À la suite des récentes agitations et des explosions de violence, MSF a intensifié son aide aux populations touchées au Cap et à Johannesburg.

 

 


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