Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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MSF offre des soins de santé essentiels aux migrants du Zimbabwe

En décembre 2007, MSF ouvrait un centre pour offrir des soins de santé essentiels aux migrants zimbabwéens du centre de Johannesburg et de la ville frontalière sud-africaine de Musina dans la province de Limpopo. On estime à plus d'un million le nombre de Zimbabwéens en Afrique du Sud.


Nouvelles | 03 avril 2008

Musina, ville minière au passé prospère, se situe sur la frontière commerciale la plus occupée d'Afrique, entre les villes de Johannesburg, en Afrique du Sud, et d'Harare, au Zimbabwe, et sur la route qui relie Makhado à Beitbridge.

Les migrants zimbabwéens du comté de Musina travaillent habituellement comme homme de main sur les fermes ou comme main d'œuvre non officielle de façon à amasser de l'argent pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille restée au Zimbabwe. Souvent, la peur d'être déportés et les abus empêchent les migrants d'utiliser les services de santé publique. Par conséquent, les maladies infectieuses comme la tuberculose et le VIH ne sont pas dépistées et les besoins médicaux, comme les accouchements d'urgence, rendent les femmes vulnérables. En Afrique du Sud, les Zimbabwéens constituent le plus grand bassin de migrants.

« Lorsqu'ils passent la frontière et une fois en Afrique du Sud, où plusieurs sont incapables de trouver un travail acceptable, les migrants zimbabwéens sont confrontés à d'importants risques, comme la violence sexuelle, physique et verbale, ainsi que le harcèlement de la police », affirme Sylvie Kaczmarczyk, coordonnatrice régionale à Musina. Ces facteurs, jumelés à leur statut légal nébuleux, mènent à une situation très précaire et à une insécurité généralisée, ce qui affecte leur santé physique et mentale.

La constitution sud-africaine garantit un accès aux soins de santé à tous ceux qui habitent le pays, y compris les migrants. Toutefois, avec un taux de chômage variant de 25 à 40 pour cent en Afrique du Sud, les migrants sont perçus comme des intrus. Cette perception constitue un obstacle de plus à surmonter (p. ex. au moment d'accéder aux services) pour les migrants ayant besoin de soins de santé, de traitements médicaux et ceux ayant enduré de douloureux traumatismes.

MSF prodigue des soins de santé sur les fermes commerciales à la frontière du Limpopo et possède des postes de consultations à Happer, Campel et Matswale dans le comté de Musina. Au cours du premier trimestre de 2008, MSF a effectué plus de 800 consultations par mois. Parmi les principales raisons données lors de l'examen, nous comptons des maux de tête, de la toux, des maladies cutanées, de la douleur et des infections transmises sexuellement.

Soins de santé prodigués par MSF dans le centre de Johannesburg

Dans la salle d'attente, la mère d'un bébé de sept mois parle des conditions auxquelles elle est confrontée et des raisons qui l'ont menée à MSF : « Je suis venue en Afrique de Sud avec, comme seuls bagages, les vêtements que je portais. À l'église, les femmes ont donné des vêtements pour mon bébé. Il n'avait pas été vacciné et aucune des trois cliniques, que j'ai visitées à Johannesburg depuis décembre 2007, n'ont accepté de le faire. Je viens voir MSF parce que mon enfant a besoin d'être vacciné et j'ai peur qu'il ne puisse pas marcher un jour »

Le centre de santé de MSF à Johannesburg est situé tout près du Central Methodist Church, un refuge pour 1200 à 1500 migrants, la plupart de nationalité zimbabwéenne. Les migrants qui visitent MSF ont subi le traumatisme d'avoir traversé la frontière et d'être confrontés à la situation sud-africaine. Il est difficile de trouver du travail et la peur d'être déporté est bien réelle. Attroupés à l'intérieur et à proximité de l'église, les migrants ne possèdent qu'un petit espace pour dormir, l'aération est déficiente et les conditions sont insalubres à cause de la surpopulation. Pour ceux qui habitent dans l'église, il s'agit du seul havre de paix qu'ils connaissent, mais récemment, ce sentiment de sécurité a été ébranlé. Le 30 janvier, la police sud-africaine a effectué une descente à l'église, agressant physiquement et arrêtant la plupart des résidants.

Auparavant, un groupe de volontaires locaux offrait des soins de santé une fois par semaine. Toutefois, le besoin de mettre en place un centre structuré pouvant diriger les malades vers les soins de santé adéquats a mené à l'ouverture de la clinique de MSF. L'équipe administre les services de soins de santé de base et elle dirige les patients qui ont besoin de traitements spécialisés vers le système de santé publique. Depuis le raid policier, on compte la formation de groupes de soutien parmi les principaux services fournis au centre. Pour l'instant, trois groupes se rencontrent chaque semaine : le groupe post-raid, le groupe VIH et le groupe pour les hommes. En avril 2008, nous prévoyons mettre sur pied un groupe pour les jeunes et un pour les femmes.

En janvier 2008, l'équipe de MSF a dirigé 98 cas de VIH, de tuberculose et d'autres maladies chroniques vers les services de santé et elle a effectué 861 consultations. En février, il y a eu 1144 consultations, 198 séances de soutien individuelles et 125 cas ont été dirigés. En mars, l'équipe a examiné 890 patients, dirigé 71 cas et rencontré 171 personnes lors de séances de soutien.

Bianca Tollboom est infirmière au sein de l'équipe qui soigne les migrants zimbabwéens à Johannesburg. Elle nous raconte que : « De janvier à mars, la plupart des patients qui sont venus, le faisaient pour des infections des voies respiratoires supérieures et de la douleur, puis nous avons observé une augmentation constante du dépistage des infections transmises sexuellement. La plupart des patients examinés par notre équipe de MSF à Johannesburg sont des hommes zimbabwéens qui habitent dans l'église. »

MSF est témoin du traumatisme que les migrants zimbabwéens subissent en vivant dans la peur et la douleur de façon constante. Le projet de MSF est une réponse aux criants besoins des migrants zimbabwéens en Afrique du Sud.


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