Kenya : Soigner les blessés de Nakuru et de Naivasha
Les 26 et 27 janvier, alors que de violentes manifestations faisaient rage dans diverses régions du Kenya, des équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) étaient sur les lieux pour prêter main-forte aux hôpitaux des régions de Nakuru et de Naivasha. En deux jours, les équipes de MSF ont aidé à soigner 157 blessés à Nakuru et 30 patients à Naivasha.
Des équipes de MSF ont été mobilisées dans la région de Nakuru, située dans la vallée du Rift, depuis le début de 2007, car l'approche des élections nationales a provoqué un déplacement de la population. Peu après les élections, lorsque la violence des confrontations s'est intensifiée dans un bon nombre de régions, MSF est venue en aide à l'hôpital. Le grand nombre de personnes blessées, ainsi que la difficulté éprouvée par le personnel du ministère de la Santé pour atteindre les hôpitaux a alors accentué le besoin d'aide. Toutefois, dès que la situation s'est stabilisée, MSF a concentré ses efforts dans les régions rurales où des centaines de personnes déplacées étaient pratiquement coupées de toute aide.
Depuis le 19 janvier, les tensions se sont intensifiées de nouveau à Nakuru. La semaine suivante, l'équipe ambulatoire de MSF n'a effectué que deux visites au lieu des quatre habituelles. Le 25 janvier, l'équipe a tenté une sortie, mais en moins de dix minutes les affrontements et les émeutes les ont contraints à rebrousser chemin.
Plus tard dans la journée, l'équipe a réussi à se rendre à l'hôpital où 116 patients nécessitaient des interventions chirurgicales. L'équipe a procédé immédiatement au triage et a effectué des chirurgies mineures. Le lendemain, alors que 41 patients attendaient une chirurgie, un seul des quatre chirurgiens a rejoint l'hôpital et les infirmières étaient peu nombreuses. Les réserves, surtout le matériel chirurgical, étaient presque à sec. Comme bien des routes autour de la ville étaient fermées à la circulation, un hélicoptère en provenance de Nairobi a transporté une cargaison de matériel chirurgical, comme des gazes, des médicaments, des solutés, des instruments et des bandages.
Au même moment, Naivasha, une ville située à environ une heure de route de Nairobi, était aux prises avec une vague de violence qui a causé la mort de plus de 30 personnes. Le 28 janvier, une équipe de MSF, en poste à Nairobi, s'est rendue à Naivasha. À leur arrivée, 30 blessés les attendaient, la plupart roués de coups et souffrant de blessures par machette, tandis que certains avaient été atteints par balle.
Comme à Nakuru, la violence empêchait un bon nombre des employés du ministère de la Santé d'atteindre l'hôpital. Une équipe de MSF, comptant un anesthésiste, une infirmière et un médecin, ont donc été appelés en renfort et est arrivée de Nairobi quelques heures plus tard. Parmi les six blessés graves qu'ils ont examinés, deux souffraient de blessures à la tête et ont dû être transportés en ambulance à Nairobi tandis que les quatre autres ont pu être stabilisés avant d’être référés à Nairobi le lendemain. L'équipe a, par la suite, été en mesure de traiter les autres blessés.
Depuis, les équipes d'urgences de MSF suivent de près la situation à l'hôpital ainsi que dans les camps situés en périphérie de la ville et abritant la population déplacée. « À Naivasha, nous avons visité deux sites. Le premier, érigé dans une prison, compte environ 3000 personnes et le deuxième, dans un poste de police, en abrite près de 1500 », explique Marcela Allheimen, coordonnatrice des urgences. « Les gens continuent toutefois à arriver, souvent sous escorte policière. » C'est pourquoi l'équipe concentre désormais ses efforts à soigner ces personnes la plupart dépourvus de soins médicaux.
Comme la violence et le climat d'insécurité persistent, les équipes de MSF continuent à répondre aux situations d'urgence qui en découlent. En plus de soigner les blessés dans les bidonvilles de Nairobi ainsi qu'à Naivasha, Nakuru et Eldoret, MSF vient également en aide aux quelques milliers de personnes déplacées par la vague de violence dans l'ouest du Kenya et dans la province de la vallée du Rift. Des projets de longue durée visant le traitement des séropositifs et des tuberculeux se poursuivent à Nairobi, Busia et Homa Bay. Le nombre de patients incapables d'obtenir des soins en raison de l'insécurité persistante inquiète toutefois MSF.
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