Kenya - Violences après les élections : MSF vient en aide aux personnes déplacées
Huit employés internationaux de Médecins Sans Frontières (MSF) sont arrivés au Kenya pour aider les équipes à évaluer et à répondre aux besoins dérivant des violences et de l'insécurité qui a secoué le pays depuis les élections du 27 décembre dernier. En plus de continuer à offrir des soins aux patients séropositifs et tuberculeux dans ses projets à Nairobi et dans l'ouest du pays, MSF aide des milliers de personnes qui ont été déplacées au cours des violences des derniers jours.
À Eldoret, une ville de transit très fréquentée dans l'ouest du pays, le personnel MSF a entrepris d'aider près de 30 000 personnes arrivées en ville au cours des premiers jours de l'année. L'équipe, formée de 2 médecins, d'un chirurgien, de 2 logisticiens et d'un infirmier, soutient l'hôpital d'Eldoret et aide à distribuer des couvertures, des bâches en plastique et des jerrycans aux déplacés vivant dans des camps autour de la ville. Des références chirurgicales ont aussi été effectuées de Burnt Forest vers l'hôpital d'Eldoret. L'équipe entreprend maintenant l'appui de 3 structures de santé à Eldoret et poursuit son évaluation de la situation aux pourtours de la ville, à Moi's Bridge et à Turbo, où les déplacés les plus pauvres semblent s'installer.
Au sud d'Eldoret, à Nakuru et à Molo, MSF apporte aussi son soutien aux victimes de l'insécurité. Depuis le début décembre, les équipes MSF travaillaient à Molo, où elles prodiguaient une aide médicale aux personnes déplacées à la suite de violents affrontements. Depuis le 27 décembre, ce nombre de déplacés a beaucoup augmenté, ce ne sont pas moins de 26 sites de regroupement qui sont ainsi apparus dans les régions rurales de Kuresoi et de Molo. À Molo, MSF distribue des fournitures telles que des bâches en plastique, des couvertures et des jerrycans aux déplacés. Des équipes mobiles visitent les camps et des équipes logistiques s'assurent que les conditions sanitaires et l'approvisionnement en eau sont adéquats. Puisque l'hôpital provincial de Nakuru semble maintenant opérer normalement, les équipes MSF ont réduit leurs interventions, mais restent disponibles.
Au cours des derniers jours, les équipes MSF ont évalué la situation par hélicoptère dans plusieurs régions de l'ouest du Kenya, où nombre de personnes se seraient déplacées. Jusqu'à présent, ces évaluations ont eu lieu à Kericho, Ikonge, Longani, Kisi, Kisumu, Migori, Narok, Kapsokweni, Muhoroni, Koru, et Nandi Hills. Ces évaluations se poursuivront jusqu'à la fin de la semaine. La situation change rapidement et doit être surveillée de près afin de s'assurer que MSF puisse répondre aux besoins médicaux actuels.
L'insécurité qui sévit dans la capitale fait en sorte que plusieurs centres de santé VIH/sida de MSF des bidonvilles de Nairobi, ont dû fermer pendant quelques jours. Ces centres sont à nouveau fonctionnels. Ainsi, le centre de santé de Kibera sud, l'un des 3 centres du bidonville de Kibera à Nairobi, a pu rouvrir ses portes le 31 décembre. Au cours des 2 premiers jours de la réouverture, 62 patients ont été soignés par le personnel MSF. Plus de la moitié d'entre eux avaient été blessés au cours des violences. Alors que la situation se calme à Nairobi, le nombre de patients visitant les centres de santé augmente. Le 8 janvier, 280 consultations ont été assurées au centre de santé de Kibera sud et pas moins de 250 consultations à l'hôpital de district de Mbagathi où MSF offre des soins complets aux patients séroposifs. MSF souhaite rouvrir les deux autres cliniques VIH/sida de Kibera au cours des prochains jours.
À Mathare, un bidonville périphérique à l'est de Nairobi, le personnel MSF poursuit ses opérations depuis le 1er janvier. Initialement, l'équipe a traité 19 patients en urgence; parmi ceux-ci, plusieurs avaient été victimes des violences. Au cours des derniers jours, de plus en plus de patients séropositifs et tuberculeux sont parvenus à se rendre au centre de santé pour obtenir leurs traitements. Des 200 consultations prodiguées le 8 janvier; 160 étaient pour des patients séropositifs et 40 pour des patients sous traitements antituberculeux.
Les projets MSF de Busia et de Homa Bay, dans l'ouest du Kenya, reprennent leurs activités normales. À Busia, en dehors des activités médicales liées au projet VIH/sida, les équipes MSF fournissent de l'eau potable, des couvertures et des bâches en plastique aux personnes déplacées ayant trouvé refuge auprès du commissariat de police de la ville.
Dans tous les projets MSF liés au VIH/sida et à la tuberculose, les équipes voient aux besoins des patients qui ont perdu leurs médicaments antirétroviraux et antituberculeux au cours des insécurités des derniers jours. Le personnel vient aussi en aide aux patients qui ne peuvent se procurer leur médication, puisque leurs centres de santé demeurent toujours fermés. Même si de nombreux centres semblent maintenant rouvrir, le personnel MSF s'inquiète au sujet de ces patients et de l'interruption de leurs traitements.
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