Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Somalie: pas d'endroit sûr à Mogadiscio


Nouvelles | 05 novembre 2007

Alors que des milliers de personnes ont fui Mogadiscio, l'organisation médicale d'aide humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) est très inquiète du sort de la population qui reste dans la capitale somalienne alors que la violence s'intensifie dans la ville.

MSF est une des seules organisations internationales à fournir des services de santé à Mogadiscio et est le témoin de l'intensification de la violence dans des zones proches d'une de ses cliniques. Si ceux qui en étaient capables ont quitté la ville, beaucoup d'autres restent pris au piège, n'ayant pas les moyens de fuir ou trop effrayés pour quitter Mogadiscio. Ils fuient alors vers d'autres parties de la ville mais sont de plus en plus laissés à l'abandon sans aucun endroit sûr pour s'y réfugier.

« Les gens sont terrifiés, mais la plupart n'ont pas d'autre choix que d'attendre et d'espérer que la violence ne les atteigne pas », explique Colin McIlreavy, le chef de mission de MSF en Somalie. « À Mogadiscio, à l'heure actuelle, il n'y a plus d'endroit sûr à l'heure actuelle. »

Le haut niveau d'insécurité empêche souvent les civils de recevoir une assistance médicale. Le personnel de MSF n'a pas été en mesure d'aider les personnes blessées par des débris d'explosion ou des tirs échangés lors des combats qui ont cours la nuit. Certaines personnes sont ainsi mortes vidées de leur sang parce qu'il était trop dangereux de les transporter à l'hôpital. Les anciens résidents d'une banlieue très densément peuplée proche d'une clinique ont fait le récit d'hommes armés marchant dans les rues et vidant les maisons, parfois en tirant sur des gens non armés.

Les personnes déplacées qui vivent à Mogadiscio sont particulièrement vulnérables. On peut trouver des camps provisoires d'un bout à l'autre de la ville. Leurs résidents n'ont, en général, que des guenilles sur le dos et des bâches en plastique comme abris — qui ne fournissent aucune protection contre les balles, les tirs de mortier et les obus. Il reste très peu d'hommes dans ces camps, ceux-ci sont tous partis laissant leurs femmes lutter pour nourrir et prendre soin des enfants, vulnérables à la violence et aux pillages. La semaine dernière, MSF a traité 3 femmes qui avaient été violées la veille, dans leurs maisons, par des hommes armés.

Ces dernières semaines, le personnel de MSF à Mogadiscio a rapporté que les combats se rapprochaient de plus en plus de leur clinique. Certains membres du personnel ne sont plus en mesure de se rendre sur leur lieu de travail à cause de la violence qui règne sur les routes. « Nous avons fait face à une réduction massive du nombre de personnes du voisinage qui se rendaient dans notre clinique quand les combats se sont intensifiés. Un constat cohérent avec les histoires que nous entendons de personnes qui ont fui le voisinage pour s'installer dans d'autres parties de la ville », explique le docteur Fuad, qui travaille dans cette clinique de la capitale.

Plusieurs de ceux qui ont les moyens de fuir courent le risque, même si cela représente un grand danger. « Je n'ai jamais vu de postes de contrôle comme ceux entre Mogadiscio et Galcayo. J'ai réussi à en compter 86 sur 300 kilomètres où ils demandent de l'argent. À mi-parcours, l'argent n'a plus été suffisant et ils ont tout pris », explique un homme interrogé par les équipes de MSF à Galcayo, au nord de Mogadiscio.

MSF se bat pour fournir un minimum de soins de santé et d'assistance humanitaire aux résidents de Mogadiscio. Mais plus que des soins médicaux, c'est de sécurité qu'ils ont besoin. MSF invite toutes les parties au combat à éviter les attaques indiscriminées sur les civils et à respecter le droit international humanitaire.


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