Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
 |  TEXTE  
- 0 +
 |  RSS  
RSS
 |  COURRIEL  
 |  IMPRIMER  
Print
 |  RECHERCHE  
Recherche
 |  CARTE  
Carte
 | 
English

 


 

S'en sortir dans la Sale Rivière

Par Simon Midgley, Projet Uraba, Colombie


Nouvelles | 28 août 2007

Je suis réveillé à 5 h 30 par des tambours et des trompettes. Bravant l'inondation, la fanfare a du s'installer sur les bateaux. Dans un autre contexte ça aurait pu sembler étrange, mais je suis sur la bien nommée « sale rivière », le Riosucio, où l'étrange fait partie du quotidien.

Personne ne défile sur le Riosucio en ce moment. Les inondations signifient que tout le monde se fraie un chemin sur de petites planches de bois suspendues au-dessus du niveau de l'eau. Ces puentes — ponts — relient toutes les maisons de bois et de tôle dans cette petite ville. Tout le monde se déplace dans les airs à Riosucio; mes pieds n'ont pas touché le sol depuis trois semaines déjà. Les puentes peuvent être aussi étroits qu'une poutre de gymnastique et aussi élastiques qu'un plongeoir. Mais je ne vous conseille surtout pas de plonger dans la « sale rivière », à moins d'y être forcé. Toute la population l'utilise comme toilette.

Photo : April Baller, MSF. Voilà Choco, le département le plus pauvre de Colombie. Dans ce pays de riches et de miséreux, Chocó bat tous les records de pauvreté, de mortalité infantile, de conflits, et, en ce qui nous concerne, de précipitations. La population majoritairement afro-colombienne subit jusqu'à 10 mètres de précipitations par an. C'est l'un des endroits les plus humides au monde, et l'humidité rend parfois difficile la simple lecture d'un livre. La « sale rivière » déborde tous les deux-trois ans, et parfois le niveau de l'eau ne redescend pas avant des mois. Cette année est particulièrement terrible, et MSF pare aux urgences et aide les familles les plus touchées, qui sont pour la plupart des populations déplacées du pays. Principalement des femmes et des enfants, qui ont fui le conflit interne dans les communautés environnantes. Nombre d'entre eux ont perdu maris, frères et pères, tués par des paramilitaires ou des guerillas. Ils vivent dans de très mauvaises conditions et n'ont pas assez d'argent pour faire face aux inondations. J'ai visité une centaine de maisons inondées jusqu'à présent. Les gens continuent de vivre dans des maisons inondées par plus de deux mètres d'eau stagnante et contaminée. Les familles se perchent au-dessus de l'eau, vivant près des toits sur un quelconque bout de bois. Les mouches sont toujours un problème. Depuis l'inondation, il y a beaucoup plus de moustiques et la situation empirera quand le niveau de l'eau baissera.

Photo : April Baller, MSF.

Cinq familles indigènes vivent dans une seule maison. Vingt-trois personnes partagent quatre matelas et vivent dans la seule pièce de la maison au-dessus du niveau de l'eau. Ils ne vont pas évacuer leur maison. Ils n'ont nulle part où aller et aucun moyen de s'y rendre. Je rentre dans une maison et demande à son seul occupant comment il va. « Je meurs », répond-il nonchalamment. Je connaissais la réponse à ma question avant même de la poser. Il n'a que la peau sur les os, il vit seul en haut de quelques planches qu'il a assemblées. «


Faites un don

Dernières Nouvelles

Afghanistan: 24 mai 2012
Soins pour traumatismes et chirurgies à Kunduz
3 700 patients traités la première année
Yémen: 23 mai 2012
MSF traite des victimes du conflit dans le sud
Les civils toujours pris dans les bombardements
Syrie: 15 mai 2012
Être pris avec un patient signifie la mort pour le blessé et son soignant
Mission de MSF en Syrie en mars 2012
Syrie: 15 mai 2012
La sécurité des blessés et des soignants doit être une priorité
MSF attend toujours l’autorisation d’apporter des secours
Nigeria: 11 mai 2012
Saturnisme : Le moment est venu d’agir
Les gouvernements doivent tenir leurs promesses financières

 

 

 
Faire Un DonSahel MalnutritionTravaillez avec nousActualités & MédiaPays d'IntérêtAu sujet de MSFContacts JOBS BLOGS PODCASTS VIDEOS RSS SITE MAP SEARCH