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MSF logo 2009 © MÉDECINS SANS FRONTIÈRES (MSF) – CANADA

Rapport Annuel 2008

Message de la Directrice Générale et la Présidente

Malheureusement, l’année 2008 a été très chargée pour Médecins Sans Frontières (MSF). Pour beaucoup de nos patients, l’année a été marquée par la violence, les catastrophes naturelles, les épidémies et une hausse de la malnutrition. Pour notre personnel national et international, l’année a été marquée par une insécurité accrue et par une diminution de leur capacité à répondre aux besoins de la population dans les situations les plus difficiles.

La violence envers les travailleurs humanitaires a considérablement augmenté en 2008. Une étude cite le nombre record de 260 travailleurs humanitaires blessés, enlevés ou tués dans de violentes attaques. Le rapport a mentionné que le taux de mortalité parmi les travailleurs humanitaires a surpassé celui des forces de maintien de la paix de l’ONU.

Bien que l’année ait bien commencé avec la libération de deux membres du personnel en Somalie, MSF a vite connu un retournement de situation avec le meurtre brutal de trois autres membres du personnel et, plus tard, avec l'embuscade dont a été victime un quatrième membre du personnel, tous dans différentes parties de la Somalie. Le meurtre de ces travailleurs humanitaires de MSF a eu un profond impact sur l'organisation et sur ceux que nous pensions aider dans ce pays, avec l'arrêt soudain de quelques activités médicales et le ralentissement d'autres projets médicaux à cet endroit. Ces incidents ainsi que l’intensification des travailleurs humanitaires pris pour cible ont mené MSF à faire un examen introspectif sur sa capacité à gérer en toute sécurité sa présence dans les pays les plus dangereux du monde.

Et pourtant, avec un sens du devoir inébranlable pour aider ceux qui en ont le plus besoin, il n’était pas question d’abandonner. Il fallait trouver une façon de continuer tout en maintenant les plus hautes normes de sécurité. Grâce à une série d’évaluations, nous avons mis davantage l’accent sur les points forts de notre plan de sécurité tout en abordant les points à améliorer. En dépit de notre diligence en matière de sécurité, il n’existe toujours aucune garantie. Il s’agit de comprendre les risques, de les minimiser autant que possible et de s'assurer que ceux qui prennent ces risques sont très bien informés.

Même si nous faisons ce que nous pouvons en tant qu’organisation humanitaire médicale indépendante, nous continuons à soutenir que les attaques ciblant les travailleurs humanitaires sont tout simplement inacceptables. Comment se fait-il que des travailleurs humanitaires qui partent pour aider les autres soient agressés, blessés ou même tués? Ce n'est pas dans l'ordre des choses. L’action humanitaire, c’est tenir à la vie par-dessus tout. Quand nous prenons des risques pour sauver et aider les autres, il est tout à fait injuste que les travailleurs humanitaires sacrifient leur vie.

Ce n'est pas seulement la perte directe de vies, la douleur et la souffrance que les familles, les amis et les collègues des travailleurs humanitaires doivent supporter, c'est aussi injuste à cause de ce que cela implique pour nos patients. Quand de telles choses se produisent, ce n'est pas seulement MSF qui subit des pertes, les gens que nous aidons perdent aussi tout espoir de recevoir des soins médicaux puisqu’il s’ensuit l’arrêt inévitable de toute activité.

L'action humanitaire, c’est la réaction d’une personne à une autre en réponse à sa souffrance dans des situations de crise. C’est garder autant de personnes en vie que possible et soulager autant de souffrances que possible, tout en permettant aux gens de retrouver leur dignité. C’est permettre aux gens de survivre dans les milieux les plus instables et dangereux de ce monde. Ce sont des organisations comme MSF faisant preuve de solidarité et prodiguant des soins qui font que l’abandon est tout simplement impossible.

Ne pas agir signifierait renoncer à tout espoir, et donc abandonner les gens à leur sort… Et en tant qu’organisation humanitaire, c'est tout simplement impossible.

En dépit de ses difficultés, MSF a réussi en 2008 à répondre aux besoins les plus fondamentaux de milliers de gens dans de nombreux pays. La violence perpétrée contre les civils était un problème crucial dans des pays comme la Colombie, la République démocratique du Congo et le Sri Lanka. La crise alimentaire, la malnutrition au Niger et en Éthiopie, et les catastrophes naturelles au Myanmar et en Haïti ont tenu une part importante dans le travail de MSF. Les traitements pour les séropositifs atteints de co-infection comme la tuberculose résistante, ainsi que les programmes en santé mentale dans les milieux instables ont aussi mis notre personnel au défi.

Dans toutes ces situations, nous avons offert des soins médicaux et donné un regain d’espoir et de dignité aux populations en proie à une souffrance humaine extrême.

Au moment où vous lirez notre rapport annuel qui souligne les activités de MSF financées par les Canadiens, souvenez-vous que si nous pouvons aider les autres, c’est grâce à votre soutien.

Merci.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.


Marilyn McHarg
Directrice générale
MSF Canada

Joanne Liu
Présidente
MSF Canada