March 13, 2017

Le rétablissement de la politique de Mexico, surnommée la Règle du bâillon mondial, qui interdit aux organisations non gouvernementales subventionnées par les États-Unis de fournir des services, de l'information et des conseils en matière d'avortement, compromettra l'accès à l'avortement médicalisé et mettra en danger la vie des femmes.

L'avortement non médicalisé est l'une des cinq principales causes de mortalité maternelle dans le monde, avec les hémorragies, l'éclampsie, la septicémie et la dystocie.

Statistique choquante, l'avortement non médicalisé représente 13 pour cent des décès maternels à l'échelle mondiale, selon le Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les taux sont encore plus élevés dans des régions comme l’Amérique latine et dans certains contextes tels que les camps de réfugiés et les zones de conflit.

Lorsque l'avortement médicalisé n'est pas disponible, les femmes et les filles mettent leur vie en danger. Si aucune option sécuritaire n'est disponible, elles iront se faire avorter par des personnes non formées ou dans des endroits ne répondant pas même aux normes médicales les plus élémentaires.

Selon l'OMS, des quelque 46 millions d'avortements pratiqués chaque année, environ 20 millions sont considérés comme risqués.

 

Politique de MSF : Offrir la contraception et des soins liés à l'avortement médicalisé

En tant que prestataire de soins médicaux, Médecins Sans Frontières (MSF), par l'entremise de ses équipes dans le monde, traite chaque jour des femmes et des filles qui souffrent des complications de l'avortement.

C'est la politique de MSF de fournir des soins liés à la contraception et à l'avortement médicalisé, qui s'inscrit dans sa réponse aux besoins de santé des femmes et des filles.

Selon Jason Cone, le  Directeur général de MSF aux Etats-Unis, « les gouvernements ne devraient pas se livrer à des jeux politiques quand la vie des femmes et des filles est menacée. Peu importe le risque ou l'obstacle, les femmes continueront à chercher des moyens de mettre fin à des grossesses non désirées et elles continueront de mourir inutilement si l'avortement médicalisé n'est pas accessible ».

Le traitement des complications liées à l'avortement ainsi que l'interruption de grossesse pour sauver une femme de complications potentiellement mortelles font partie des soins obstétricaux offerts par MSF.

La décision de mettre fin à une grossesse sur demande est prise très soigneusement, avec comme principale préoccupation la sécurité des patients et du personnel. 

« Les conséquences médicales de l'avortement non médicalisé sont désastreuses et devraient être traitées comme telles », a déclaré Jason Cone, directeur général de MSF USA. « Les gouvernements ne devraient pas se livrer à des jeux politiques quand la vie des femmes et des filles est menacée.

Peu importe le risque ou l'obstacle, les femmes continueront à chercher des moyens de mettre fin à des grossesses non désirées et elles continueront de mourir inutilement si l'avortement médicalisé n'est pas accessible ».

« L'administration Trump doit reconnaître ces faits et abandonner les politiques qui mettent en danger la vie des femmes et des filles ». 

 

Interdire l'éducation sur l'avortement médicalisé : lourd de conséquences

Les recherches effectuées au cours de la dernière décennie ont montré que les politiques qui interdisent les prestataires de soins d'éduquer les femmes sur l'avortement et leurs options en matière de planification familiale — y compris la régulation des naissances et la contraception — conduisent à un nombre plus élevé de grossesses non désirées, d'avortements non médicalisés et de décès, ainsi qu'à des taux plus élevés de maladies sexuellement transmissibles comme le VIH.

Les gens ont besoin de services de santé reproductive, dont l'accès aux contraceptifs et à l'avortement médicalisé. Cet accès a diminué dans le passé lorsque la politique de Mexico a été mise en place. 

Les femmes devraient disposer de l'information et des outils nécessaires pour protéger leur santé et leur bien-être.

Les femmes risquent davantage de devenir séropositives que les hommes, et les femmes enceintes ont besoin de services spécialisés pour protéger leur propre santé et diminuer le risque de transmission sexuelle ou de transmission à leur enfant.

 

Politique de Mexico : des reculs à prévoir sur de nombreux fronts

La politique de Mexico ne se limite plus aux organisations offrant des services de planification familiale. Elle s’applique désormais à tous les programmes de santé mondiaux subventionnés par les États-Unis, ce qui inclut les programmes de traitement du VIH et  ceux spécialisés en santé maternelle et infantile.

En privant de financement les organisations qui traitent aussi le paludisme et d'autres problèmes de santé spécifiques aux enfants, la politique pourrait menacer les progrès réalisés sur de nombreux fronts, notamment la prévention des décès liés au VIH et des nouvelles infections, et la réduction de la mortalité infantile grâce aux initiatives d'immunisation, de prévention et de traitement du paludisme.

« MSF ne reçoit aucun financement de la part du gouvernement américain et de ce fait, n'est pas directement touchée par le rétablissement de la politique de Mexico », a précisé Jason Cone.

« Cependant, en tant que prestataire de soins de santé dans les pays où les femmes et les enfants subiront directement les contrecoups de cette politique, nous nous devons de dénoncer les graves répercussions que cette politique aura sur les efforts collectifs visant à réduire la mortalité et la souffrance des mères dans le monde ».

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